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[ Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons. Freud ]
Parler. Les mots prononcés venant de ma part n'étaient pas forcément ceux que j'aurai du laisser s'échapper mais malgré tout, c'était plus fort que moi, ils sortaient d'un trait sans rien me demander, alors mes phrases n'ayant aucune utilité d'être dites, rester quand même une façon de ma part de faire un signe, un clin d'oeil montrant que je suis encore là pour lui; et même si il ne les entendait pas, mais si il ne comprenait pas, j'avais besoin de ça pour me dire que rien ne mourrait avec le temps, et même si il ne répondait pas, même si il ne réagissait pas, je continuais de lui chuchoter ces mots incontrôlables, de façon à faire un clin d'oeil à notre présent que je ne voulais décidément pas laisser mourir à petit feu. Toucher. C'était ce contact entre nos deux peaux, nos mains, nos lèvres, son souffle contre le mien, sa douceur qui contrôlait tout mon être, c'était cette envie inébranlable de sa chaleur sur mon corps, c'était lui avec moi, toujours le sentir vivre auprès de moi, c'était ce qui me permettait de le savoir avec moi, le savoir présent, à mes côtés pour me protéger. Voir. Son sourire me laissant apercevoir une partie de son âme heureuse, qui m'illuminait de tendresse et de joie, ses mimiques qui m'envoutaient, ses gestes qui me paraissaient tous magnifiques, cette façon de jouer avec ses cheveux, son regard transperçant le mien, la façon dont il se tenait, tout son corps respirait une classe innée qui me rendait si fier de le connaître, cet être unique et exceptionnel. Entendre. Cette voix qui raisonnait encore et encore, au rythme de la cadence des battements de mon coeur, de la berceuse de mon âme, sa voix était la plus envoutante à mes oreilles, c'était celle qui me permettait de retrouver toute l'énergie dispensable dans la journée, c'était celle qui me montrait la voix de la raison, qui me guidait tout au long du chemin en m'avertissent des dangers que j'allais rencontrer, je donnais tout ce que je pouvais pour l'entendre jour après jour, c'était comme une dose de drogue, quelque chose dont j'avais constamment besoin pour survivre. Vivre. C'était le verbe définissant ce que lui me permettait, c'était tout, c'était ce qui me levait le matin et me couchait le soir, c'était ce qui me faisait respirait, me faisait rire, c'était la chose dont j'aurai sacrifier terre et mer, c'était pouvoir continuer de vivre en me disant que j'avais une raison, que j'étais quelqu'un, que je pouvais être heureuse, c'était cette chose qu'on a de si chère qu'on a constamment peur de ne pas pouvoir rembourser et de perdre peu à peu.
"Mourir. C'est ce que j'aurai pu dire à la fin de tout cela, que je n'avais plus rien à moi, comme dépouillée de mon seul trésor qui maintenait mon souffle à un rythme régulier, qui permettait à mon âme de rester en paix, j'aurai pu être malade à en mourir, vouloir d'ailleurs arrêter ce supplice de ne plus connaître tout ça, de me ronger dans la culpabilité de n'avoir peut être pas suffisamment assez fait, c'était mon tout et j'eus finis avec un rien qui me montra que j'étais quelque chose à moi toute seule. Je suis morte, rongée, souillée, détruite, allez y... mettez n'importe quel adjectif pour compléter ma phrase, mais ce cadavre soufflant encore cet air pollué, marche lentement encore, le long des rues le soir, pour apprendre de lui même, à vivre d'une tout autre manière, de continuer à combattre ces obstacles, ce cadavre il se lève le matin et se couche encore le soir."